Comment lancer votre application mobile avec peu d’argent. L’interview de Mathieu Thomas, fondateur d’Ozerise.

Les problèmes rencontrés quand on lance sa startup dans le domaine du web ou du mobile sont souvent les mêmes.

Comment trouver un développeur et un designer ? Est-ce possible de lancer notre produit sans avoir des fonds conséquents ? Combien de temps va-t-il falloir pour développer notre offre ?

Mathieu Thomas, fondateur de la startup Ozerise, répond à toutes ces questions dans cet interview que je vous invite à découvrir.

  • Salut Mathieu ! Peux-tu nous en dire plus sur toi et ton parcours ?

Je suis ingénieur de formation. J’ai effectué toute ma carrière dans le domaine de la conception de composants microélectroniques.

J’ai toujours eu une fibre créatrice, mais j’ai mis un bon moment avant de me décider à transformer une de mes idées en business.

Alors pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai complété ma formation technique avec un Master en administration des affaires que j’ai suivi en parallèle de mon travail pendant 2 ans.

  • Tu as lancé ta startup Ozerise, de quoi s’agit-il exactement et comment t’es venu l’idée?

Notre mission avec Ozerise est d’apporter une réponse à des situations anxiogènes du quotidien : les déplacements. Qu’il soit effectué de nuit, ou seul, un déplacement pour devenir stressant non seulement pour celui qui l’effectue mais également pour ceux qui savent que la personne effectue ce trajet. Le but était de trouver un moyen de rassurer tout le monde dans ce genre de situation.

Ozerise se base sur le fameux dicton « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ». Vous planifiez vos déplacements (vos Mooves), et nous nous chargeons de prévenir un de vos proches (votre ange gardien) au cas où vous ne signalez pas votre retour via notre application.

  • Je sais que tu n’as pas levé de fonds ni utilisé beaucoup d’argent pour développer ton application mobile. Comment as-tu fait et en combien de temps as-tu réussi à lancer un prototype fonctionnel?

La période la plus favorable pour se lancer, c’est bien souvent la sortie des études. Mais si comme moi vous avez un peu plus de 30 ans, une petite famille à charge et un crédit immobilier, vous êtes peut être dans la pire des situations!

Les produits ou les services tournant autour du web consomment plus de temps de développement que de cash. C’est ce qui rend les choses possibles dans presque toutes les situations.

Nous avons développé Ozerise sans quitter nos activités salariées respectives, en rognant sur nos nuits, nos weekends et en rayant le mot vacances de notre vocabulaire. Ce n’est plus qu’une question de motivation.

Alors certes vous augmentez le risque d’arriver trop tard sur le marché ou de vous faire doubler, mais c’est la meilleure façon de développer en brulant un minimum de cash.

Si je m’étais intéressé plus tôt à la méthode du Lean Startup, nous aurions sans doute lancé une première version du site il y a plus de 6 mois.

Il y aura eu au total 24 mois de développement, mais de nombreux changements sont intervenus du fait d’adaptation du business model et ont retardé la première version publique. Notre chance est que le marché n’était pas forcément mature il y a encore un an pour ce type de service.
Pour limiter les dépenses, les développements sont planifiés par étapes. Actuellement, l’utilisation sur mobile se fait via une Web Apps et non via des applications développées en natif pour les smartphones.

C’est un seul développement au lieu de 4, et c’est tout aussi efficace pour proposer une première version du service.

  • Comment as-tu trouvé ton associé et qu’est-ce qui l’a motivé à rejoindre l’aventure ?

Nous sommes 4 à présents à travailler sur Ozerise, tous en parallèle de notre activité principale. Pascal a été le premier que j’ai sollicité. On sort de la même école mais on a un parcours totalement différent.

Ses compétences en programmation correspondaient parfaitement avec les besoins de la gestion de la partie backend du site. On a un peu les mêmes aspirations professionnelles,  je savais qu’il serait emballé par le projet.

La mission la plus délicate c’était de trouver mon programmeur web. De ce côté là, c’était le grand désert : aucun profil web dans mon réseau d’amis ou de connaissances professionnelles.

Finalement c’était une chance puisqu’il allait falloir convaincre un inconnu d’investir pas mal de son temps sur un projet qui en était à sa genèse.

Et comment espérer un jour convaincre un business angel ou un banquier de croire en Ozerise si je n’étais pas capable de convaincre un programmeur web de talent de rejoindre l’équipe avec pour seule rémunération un petit bout d’une entreprise même pas encore créée.

J’y suis allé au culot et j’ai contacté des personnes dont j’avais glané le profil sur Viadeo et pour lesquels j’avais trouvé des réalisations en ligne. Contact par email d’abord sans aucun détail sur le projet, juste pour savoir si participer à une histoire ambitieuse les intéressaient.

J’ai rencontré ensuite les personnes intéressées pour leur donner les règles du jeu: le travail attendu, la charge que cela représentait et les contreparties.

Si la personne était toujours motivée (si si il y en avait toujours) et que le feeling était bien passé, je pitchais alors Ozerise sous couvert d’un accord de confidentialité (on pourra me croire parano, moi je dis plutôt « carré »).

J’ai donc pitché plusieurs fois Ozerise, le service, notre ambition, le business model. Et finalement Céline nous a rejoint pour toute la programmation web et l’identité visuelle de Ozerise et Marion a rejoint l’équipe il y a quelques mois pour renforcer l’équipe technique.

  • Que conseillerais-tu à un porteur de projet qui a une idée d’application mobile ou de site web et qui recherche un associé développeur?

De l’audace! Chercher à recruter des personnes de valeur. Si votre projet est bon, a priori ça ne vous coutera pas un centime de cash, juste de partager le futur gâteau.

C’est aussi une formidable opportunité de savoir si votre projet est attractif. Marché ciblé, business model, si vous ne trouvez personne prêt à investir de son temps, la mission sera impossible le jour où il sera question de trouver des fonds.

Soyez carré… faites signer un accord de confidentialité. Ce n’est pas une assurance tous risques mais c’est toujours un élément de sécurité pendant la période où la diffusion d’informations doit rester circonscrite.

Dès que possible, développer votre produit un minimum viable. En investissant beaucoup de temps et un peu d’argent vous pourrez obtenir cette première version et peut être même valider votre modèle.

  • Quelles sont les prochaines grandes étapes pour Ozerise ?

Nous allons valider petit à petit les hypothèses de notre modèle en ajoutant les différents éléments du service au fur et à mesure.

C’est une communauté d’utilisateurs qui doit se construire, et nous souhaitons continuer à étoffer le service en corrélation avec les attentes des utilisateurs de Ozerise.

L’autre grand axe de développement c’est la mise en production début 2013 d’une version dédiée aux entreprises. Nous avons un marché identifié et nous espérons décrocher nos premiers contrats au premier semestre.

Merci Mathieu pour tous ces conseils.

Venez donc découvrir Ozerise et les soutenir en rejoignant leur page Facebook et Twitter !

Une réponse

  1. maria 23 août 2015

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