Startups, ne levez pas de fonds…

trop précipitamment !

J’aimerai sincèrement aborder avec vous ce point important avant que vous ne commenciez à démarcher les investisseurs.

En effet, plusieurs startups avec lesquelles j’échange régulièrement ont préféré reculer de quelques mois la signature du pacte d’actionnaires tandis que d’autres ont tout simplement regretté d’avoir levé des fonds trop rapidement. Pourquoi ?

Juste une étape, pas une victoire

Lever des fonds est devenu souvent l’objectif premier pour beaucoup de startups, comme s’il s’agissait d’une garantie de succès et de croissance folle.

Bien que certains projets exigent de lever rapidement d’importants capitaux, pour d’autres ce n’est pas réellement nécessaire et s’avère être contre-productif.

Tout d’abord parce que lever des fonds demande une énergie et un temps considérable que vous pouvez aussi bien mettre à profit dans le développement de votre entreprise.

La rapidité d’exécution étant un facteur clé dans la réussite d’une startup, d’autant plus si vous évoluez dans l’univers du web et du mobile, il serait dommage d’être doublé par un concurrent ou confronté à de nouvelles barrières à l’entrée en ayant trop tardé à lancer votre offre. Aujourd’hui, le temps n’est plus de l’argent mais de l’or.

De plus, en levant des fonds trop tôt, vous avez moins d’arguments, moins de « preuves » du potentiel de votre projet pour négocier la valorisation de votre startup face aux investisseurs.

Même si une levée de fonds apporte évidemment des points positifs (et un compte en banque aussi !), les responsabilités supplémentaires qui viennent s’ajouter ne sont pas négligeables.

Entre associé, il y a évidemment une plus grande liberté pour diriger la startup. Si vous choisissez de changer de direction suite à certaines observations, libre à vous ! Mais après avoir fait entrer des investisseurs au capital, il est normal de leur rendre des comptes avant de prendre d’importantes décisions.

C’est également plus de stress lorsque les événements ne vont pas dans le sens que vous aviez prévu et que la trésorerie fond comme neige au soleil.

Une décision mûrement réfléchie

Prenez le temps d’en discuter avec votre ou vos associés et posez-vous ces quelques questions.

  • Est-ce réellement le bon moment ?
  • N’y  a-t-il pas d’autres priorités avant?
  • Et si jamais notre produit demande plus de temps de développement que prévu  (ce qui est toujours le cas. Vous avez prévu dans 3 mois ? Ce sera dans 9 !) ?
  • Avons-nous suffisamment d’arguments pour négocier avec les investisseurs ?
  • Ne serait-il pas plus avantageux d’attendre d’avoir plus de « traction », de « chiffres concrets » à présenter aux Business Angels ?
  • Sommes-nous sûr de la direction que nous prenons ?
  • Ne devrions-nous pas avoir plus de retours clients/utilisateurs ?
  • Si jamais notre offre nécessitait un réajustement complet ou qu’une opportunité se présentait, ne serions-nous pas bloqués avec des investisseurs au capital ?

Il existe de nombreuses autres questions à se poser suivant votre secteur d’activité et vos besoins financiers du moment. Il faut savoir être réactif mais ne pas bêtement foncer tête baissée sans prendre un peu de temps pour peser les pour et les contre.

Bien évidemment, une levée de fonds se prépare en avance. Ne vous y prenez pas à la dernière minute quand la trésorerie est dans le rouge !

Et vous, avez-vous préféré reculer une levée de fonds ? Pourquoi ?

4 Comments

  1. Pierrick Filippi 11 octobre 2012
    • Cédric Labeau
      Cédric Labeau 11 octobre 2012
  2. Vervelle Alexis 15 octobre 2012
    • Cédric Labeau
      Cédric Labeau 17 octobre 2012

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