Avez-vous du cran ?

Lors d’une récente discussion avec Patrick de Business Angel France, on est venu à parler de l’importance de l’audace, une qualité qui fait souvent défaut. J’avoue avoir été motivé à terminer cet article qui commençait sérieusement à prendre la poussière sur mon Disque local (D:) !
On définit l’audace comme étant « une tendance à oser », « une qualité de l’âme, qui incite à accomplir des actions difficiles, à prendre des risques pour réussir une entreprise considérée comme impossible ».
Mais en quoi l’audace peut-elle véritablement changer votre vie ?
Johann Wolfgang von GoetheQuoi que tu rêve d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Ce qu’on aimerait être ou faire dépend de notre niveau d’audace. Nos aspirations sont souvent étouffer par le manque de courage. On doute, on se trouve des excuses et on préfère fuir. Tant de personnes regrettent de ne pas avoir appris à jouer d’un instrument de musique, à chanter, à faire du théâtre ou lancer leur entreprise ! Avoir de l’ambition mais sans être audacieux est le meilleur moyen de vivre une vie de frustration.
Un entrepreneur a tout intérêt à être audacieux. On dit que la chance sourit aux audacieux mais encore faut-il avoir l’audace de la provoquer ! Car l’audace est un véritable aimant à opportunités et, même si vous avez trouvé le cran de créer votre entreprise, saisir certaines occasions vous demanderont du courage.
Mais concrètement que signifie être audacieux ?
Marcel ProustL’audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions.
Etre audacieux ne signifie pas forcément foncer tête baissée sans réfléchir. Tout comme rouler à 200km/h en contre-sens sur l’autoroute n’est pas de l’audace mais de l’inconscience, créer une société sur un coup de tête ou aller voir un client sans être préparé est suicidaire.
Quelqu’un d’audacieux cesse de se poser des questions inutiles et ne craint pas de sortir de sa zone de confort. Il ne s’arrête pas au regard des autres ou au jugement que l’on porte sur lui, ni à la peur de ce que certains considèrent comme un risque le fait d’essuyer un refus, de se faire rembarrer ou de « déranger ». Un audacieux adhère à cette citation de Prosper Jolyot de Crébillon que « Le succès fut toujours un enfant de l’audace ».
J’ai rencontré des entrepreneurs et des commerciaux qui transforment tout ce qu’ils touchent en…plomb ! Le téléphone devient trop lourd pour être décroché et les portes pour être poussées (j’avoue avoir souffert de ce syndrome…). Tout leur semble si pesant qu’ils hésitent, alors qu’il n’y a aucune raison valable, de saisir de superbes occasions de faire croître leur business.
Certaines situations demandent plus d’audace que d’autres. Notamment lorsqu’il s’agit d’une situation peu habituelle. Imaginons que vous soyez un jeune entrepreneur et que, lors d’une soirée, vous remarquiez un important homme d’affaire. Qu’est ce qui vous empêcherait d’aller poliment demander de l’aide ? C’est bien souvent cette petite voix intérieure qui vous tourmente : « tu vas te faire jeter ! » « Attend, tu ne vas pas aller le déranger ! » « Et s’il te dit non ? » « Et s’il trouve ton projet ridicule ? » « D’ailleurs tu es sûr que ton projet soit intéressant ? ». Le temps de prêter attention à ces arguments sans fondement que votre opportunité vient de s’éclipser pour rentrer chez elle. Mais alors comment devenir audacieux ?
Erica JongSi vous ne risquez rien, vous risquez encore plus.
Je vous rassure, l’audace est rarement une qualité innée et en avoir n’empêche pas de ressentir de l’appréhension mais permet de la dépasser. Pour ma part, lorsque j’ai débuté dans la vente, j’étais terrorisé par la prospection. J’avais l’impression de gêner, de ne pas être à ma place et au moindre refus, je me sentais découragé. Je vous assure que de démarcher des clients à contrecœur et d’entendre « non » cinquante fois de suite à fortement tendance à miner le moral ! Comment ce sentiment a-t-il disparu ?
C’est un excellent manager (j’avoue avoir eu de la chance parce que ça devient malheureusement rare…) qui m’a fait prendre conscience d’une chose importante. Ce n’était pas uniquement la prospection qui me terrifiait mais le fait d’essuyer un refus et de percevoir comme un échec ce qui n’en était pas un.
Car l’audace est le jeu le plus équitable qui soit puisqu’être audacieux c’est se donner une chance d’être gagnant sans jamais pouvoir perdre. La seule chose que vous risquez c’est d’obtenir ce que vous désirez.
Si je vais voir mon patron pour demander une augmentation, qu’est-ce que je risque ? De l’obtenir. Au pire, je garde le même salaire. Et si j’appelle ce client que je redoute tant, je prends uniquement le risque de conclure une vente. Vous recherchez des fonds pour votre entreprise et appréhendez de présenter votre business plan aux investisseurs ? A part réussir votre levée de fond, je ne vois pas ce que vous pourriez perdre.
Le fait de se prendre trop au sérieux ou de manquer d’humour empêche d’être audacieux. On attache une telle importance à notre image que l’on interprète un refus ou un objectif manqué comme un échec honteux.
En étant prêt à rire d’une situation n’ayant pas pris la tournure que vous auriez désiré, vous l’accepterez facilement. Et tout comme un basketteur ne réussit pas à tous les coups un panier, votre audace ne fera pas mouche à chaque fois. Mais dans tous les cas, vous risquerez uniquement de marquer des points.

Et pour reprendre la métaphore du basketball, si on ne prend pas le shoot, un autre tirera à notre place…
Allez HOP ! Levez-vous les audacieux !
Très joli design, en passant.
Tu as raison, une opportunité trouvera toujours preneur. Prendre le risque de ne pas la saisir me rappelle toujours ce que disait Benjamin Franklin:
« À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. »
Bel article, et j’adore la citation d’Erica Jong – A se remémorer quotidiennement
C’est surement contradictoire, mais de mon point de vue, pour avoir de l’audace, il faut faire preuve d’une certaine sagesse.. pour que cela ne se transforme pas en inconscience; comme d’habitude, tout est dans le dosage .
Je te rejoins sur ce point et ce n’est pas contradictoire ,bien au contraire!
Déceler les opportunités et avoir l’audace de les saisir demande de la sagesse. On s’imagine souvent un audacieux comme un « sans-gêne » mais ce n’est pas le cas.
Comme tu le dis, tout est une question d’équilibre.
Bonne analyse de ce qu’un entrepreneur peut être privé par manque d’audace.
Je mettrai toutefois un petit bémol à votre affirmation : » Car l’audace est le jeu le plus équitable qui soit puisqu’être audacieux c’est se donner une chance d’être gagnant sans jamais pouvoir perdre. La seule chose que vous risquez c’est d’obtenir ce que vous désirez. »
Il est à mon avis dangereux de prétendre, mais surtout de croire, que l’audace n’est pas sans danger. Je crois qu’au contraire, et d’autres l’ont prôné avant moi, l’audace, la prise de risque, doivent être accompagnées d’une forme d’acceptation de l’échec. Si vous n’êtes pas prêt à subir un échec, alors vous n’êtes pas prêt à innover. On relate peu dans la presse les « échec-stories », mais je vous assure que les plus grands entrepreneurs ont bien souvent essuyé plusieurs échecs dans leur carrière avant de trouver le bon créneau.
L’audace va donc de paire avec l’acceptation de l’échec et je ne crois donc pas qu’il faille systématiquement dire que l’audace conduit au succès.
Merci pour votre commentaire Thierry! J’ai beaucoup apprécié votre point de vue.
Je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait d’accepter « l’échec » et c’est d’ailleurs pour cela que je parlais du danger de le prendre comme une fatalité honteuse. La plupart des grands entrepreneurs en ont effectivement connu (et en connaissent encore d’ailleurs !) mais les médias ont tendance à l’occulter. C’est vraiment dommage! Cela permettrait aux entrepreneurs en difficulté d’y puiser du courage. Je me permets toutefois d’apporter mon point de vue sur l’échec afin de rendre plus explicite mon article.
Pour ma part, et cela n’engage bien sûr que moi, un échec en est réellement un lorsque nous abandonnons complètement l’objectif auquel nous croyons à cause du découragement. Si je suis entrepreneur et que mon rêve est d’être indépendant et de construire de grandes choses, est-ce que rater ma première entreprise est un échec ou simplement une expérience qui m’amène vers un prochain succès?
J’avoue avoir du mal à comprendre pourquoi nous considèrerions comme un échec le fait d’apprendre. En reprenant l’image du basketteur, lorsque je débute dans ce sport est-ce réellement un échec chaque panier que je rate? Ce serait un échec si j’abandonnais parce que je n’avais pas l’audace de continuer afin devenir un sportif de haut niveau.
Je tiens toutefois à préciser, et comme le soulignait Christoph dans son commentaire, que tout est une question d’équilibre. Il ne faut pas non plus s’entêter dans une entreprise vouée à ne jamais fonctionner et, comme vous l’expliquiez Thierry, d’accepter de devoir récidiver mais avec plus d’expérience cette fois. Toutefois rien n’oblige d’abandonner son rêve d’être entrepreneur.
Pour revenir à mon article, peut-être aurais-je dû être plus explicite sur certains points. Je faisais particulièrement allusions aux opportunités pour lesquelles nous hésitons sans raison valable si ce n’est la peur du regard des autres, d’être jugé ou de se sentir mal à l’aise. J’ai comme exemple en tête, certains commerciaux que je formais qui n’osaient pas saisir de superbes occasions de présenter leur produit par peur d’essuyer un refus. Tout comme l’entrepreneur qui n’ose pas aller démarcher ses premiers clients, le seul risque étant celui de décrocher une vente.
Je tiens sincèrement à tous vous remercier pour vos commentaires. Chacun y partage son point de vue et c’est réellement constructif. Pour ma part, j’en apprends beaucoup!
Très bon article, je trouve vraiment le passage
« Car l’audace est le jeu le plus équitable qui soit puisqu’être audacieux c’est se donner une chance d’être gagnant sans jamais pouvoir perdre. La seule chose que vous risquez c’est d’obtenir ce que vous désirez. »
très instructif!!
Merci
Merci Jocelyn! Tant mieux si l’article vous a apporté quelque chose
Bonjour Cédric,
Cela me fait penser à une citation que j’adore :
» Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »
Cela résume, pour moi, l’audace dans les grandes lignes.
Cordialement,
J’aime énormément cette citation de Mark Twain! Je pense qu’elle inspire beaucoup d’entrepreneurs.
Bonjour Cédric,
Je pense que vous avez absolument raison : l’audace est rarement une qualité inée. De plus, devenir audacieux peut-être très difficile ! Je ne cesse d’être impressionnée par les entrepreneurs avec lesquels je travaille chez Contract Live.
Il parait que l’audace est comme un muscle et qu’il faut la travailler, mais par quels gestes commencer ?
Il y a plusieurs moyens de devenir audacieux et certains sont plus efficaces que d’autres. Avant tout, il faut être patient avec soi même. On ne change pas du jour au lendemain.
Personnellement, j’étais tellement timide et renfermé quand j’étais jeune que j’ai essayé des tas de solutions. Lire des livres, réfléchir sur le fait qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur et j’en passe…mais pour moi ça n’a jamais bien marché!
C’est comme toutes les phobies, faut se lancer. Si tu as peur de sauter en parachute, tu peux commencer avec des attractions plus sympas mais à un moment il faudra bien sauter. De toute manière, il n’y a pas d’autres solutions que de faire ou ne pas faire, d’avancer ou de reculer vu que le monde, lui , ne t’attend pas. Et pour ma part, le choix est vite fait
En pratique, je trouve que le plus efficace est…le théâtre! Le métier de commercial est également excellent à condition d’avoir un bon manager pour t’épauler.
Au départ, l’appréhension est là mais elle devient de plus en plus gérable. Ensuite c’est un monde d’opportunités qui s’ouvre à toi
Je comprends parfaitement ce que vous voulez dire. Il y a 3 ans ( en 2009) je me suis lancée dans le commerce car j’avais peur de ne pas être à la hauteur pour le faire, mais mon courage n’a pas duré très longtemps ! J’ai toujours peur d’essayer de me lancer dans certaines choses : créer ma propre boite, par exemple.
Travailler pour des start-ups m’aide un peu à m’y habituer par contre. Bien observer pour savoir ce que cela prendra rend ça moins intimidant.
C’est normal de t’être découragée surtout si on t’a laissé seule te débrouiller. C’est pour ça que je parlais de l’importance d’avoir un bon manager. J’ai connu des commerciaux débutants repartir dégoutés du commerce à cause d’entreprises mal organisées.
En tout cas continue de persévérer et ,au fil du temps ,tu prendras confiance. Si t’as la possibilité de faire du théâtre, je ne peux que te le conseiller. Un excellent prof peut faire des miracles
Merci pour tes conseils Cédric =] Je fais du chant alors le théâtre ne serait pas un mauvais complément !
Si tu pratiques le chant c’est que tu n’es pas si timide que ça!
C’est surtout que j’aime bien chanter sous la douche ! Mais le chant me pousse à devenir moins timide, alors tu as peut-être raison…